Mon petit prince, c'est finit à présent, dans la réalité, pas dans mon c½ur. Je te jure que je regrette, je ne sais pas vraiment quoi mais je regrette..sincèrement. J'ai l'impression de ne pas avoir profité de tous nos moments ensemble. J'ai l'impression que j'ai vécu cela comme une normalité qui n'en a jamais vraiment été une. Que je regrette mon ange, tu ne le saura surement jamais. Surement aussi que tu as oublié tout ce qui c'est réellement passé cette année. Oh mais quel bonheur j'avais de te retrouver dès mon arrivée ! Quelle joie j'éprouvais quand je sifflais et criait : "Snick je suis là ! " et que toi, fidèle à toi même tu arrivais gambadant comme tu le pouvais parmi les flaques de boues, les crottins éparpillés, et les trous dans la terre. Et là tu te stoppais net, le poitrail collait sur la barrière à en laisser tes poils alezans. Un petit hennissement, juste le petit qui suffit à me faire frémir. Oh la belle époque ! Un jour, dans un autre monde, cela se reproduira. Je t'ai fais tant de promesses, j'espère que tu ne les as jamais pris au pied de la lettre ces belles paroles. Moi, malheur à moi, oui. J'en avais des rêves pleins la tête, chaque jour, chaque, chaque minute.. Et pourtant le destin en a décider autrement, je garde surement les plus beaux moments de complicité de ma vie. En particulier, les soirs d'été vers 10h, où je venais te border, et tu te couchais près de moi, la tête sur mes genoux, et tes yeux se fermaient, doucement.. Je raconte cela comme une petite fille qui rêve de fée et paillettes. C'était bien la réalité, la belle réalité. Je me rappelle qu'un jour les parents d'un ami nous ont surpris, et qu'ils nous regardaient, comme ça, sans bruit, surement trop étonné de voir un poney si proche de l'homme à seulement 3 ans. Je n'ai plus la force de me battre pour notre cause, je sais d'avance quelle ne nous mènera nul part ; c'est dur à dire tu sais, mais c'est vrai, j'abandonne, avec l'espoir qu'un jour nous trouvions un remède, avec l'espoir que tu ne m'en voudras pas même si cela semble impossible. Je retrouve en Notice des choses que j'ai vécu avec toi, c'est aussi pour toi que je me bats pour que toutes les deux nous puissions réussir ce qu'avec toi a été impossible. C'est pour te montrer que j'en suis capable, que ce n'était pas de ta faute, ne de la mienne, mais de ces gens et ces évènements qui nous ont séparé chaque jour un peu plus. Oui, oui j'écris bien ces mots à un poney, j'assume, parce que pour moi certains chevaux ont un c½ur bien plus gros que certains hommes..